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Les causes de lchec scolaire





Les causes de lchec scolaire

L'chec scolaire est devenu un phnomne de socit, il est de plus en plus frquent et certains l'envisagent comme le dernier symptme la "mode". La mauvaise russite scolaire d'un enfant implique l'infriorit de son niveau d'acquisition scolaire par rapport au niveau des objectifs moyens de l'enseignant pour son ge. Dans cette situation, l'enfant doit effectuer un certain travail psychologique, il doit intrioriser l'chec et la diffrence de statut par rapport aux autres, les accepter et les grer. L'chec scolaire affecte l'tre dans sa totalit, aussi bien au niveau psychique que social.



Actuellement, l'chec scolaire semble tre au centre des dbats, c'est un sujet totalement d'actualit.
Faut-il parler d'chec scolaire ou d'enfants en difficults ? Ces deux notions sont intrinsques, il est difficile de les dissocier l'une de l'autre. Il faut, nanmoins, viter d'enfermer ces enfants dans une sorte de carcan mais plutt tenter de leur apporter une aide adapte. On ne peut rellement parler d'chec scolaire que lorsque les difficults se cumulent, sont figes.
L'enfant en difficult commence tre pris en considration, notre gouvernement en la personne de Sgolne Royale notamment, semble s'inscrire dans ce nouveau mouvement !
I) Les causes de l'chec scolaire
La notion mme d'chec scolaire est difficile dfinir, en expliquer les causes reste un travail complexe.
Il n'existe pas de profil type de l'enfant en difficult, il peut se trouver confront de multiples problmes.
Afin d'effectuer la meilleure prise en charge, il est impratif d'effectuer un bilan mdical complet, afin de dpister d'ventuels dficits sensoriels.
1. Les difficults d'apprentissages (complment d'information sur certaines de ces notions sur le site)
a. La dyslexie
La lecture ne sacquire pas naturellement comme le langage, elle rsulte dun apprentissage. Il sagit du premier apprentissage complexe prsent lenfant, celui-ci doit comprendre la signification de signes codifis et les intgrer. Diffrentes fonctions mentales et sensori-motrices doivent tre oprationnelles (niveau mental dau moins 6 ans, pas de troubles de latralisation, pas de troubles majeurs du langage, bonne orientation temporelle, rythme), afin que lenfant comprenne la lecture et devienne capable den matriser les mcanismes.
Nanmoins, un certain nombre denfants, intelligents, sans dficits sensoriels, ont de grandes difficults apprendre lire. Ces enfants persistent inverser des syllabes, dformer des mots ou des phrases, et leurs difficults de lecture stendent souvent lorthographe. Ce sont les signes caractristiques de la dyslexie.
Il existe plusieurs formes de dyslexie :
- Les dyslexies profondes (ou non-lecteurs) : on observe un blocage quasi complet du systme de reconnaissance des mots crits. Ils peuvent peler quelques lettres dun mot mais ne parviennent pas raliser la fusion des lments sonores de celui-ci. On explique ces difficults par une absence de lassistance de la voie phonologique.
- Les dyslexies de surface : les sujets lisent environ un mot sur deux, font des erreurs de type phonologique. Leur niveau de comprhension dun texte est infrieur celui des dyslexiques profonds.
- Les dyslexies phonologiques : les enfants identifient les mots par adressage, la lecture est donc approximative, ils font de nombreuses confusions.
- Les formes mixtes : dans ce cas, les difficults sont massives, lenfant nutilise ni le contexte, ni lamorce du mot.
Ce trouble de lapprentissage de la lecture a des consquences considrables sur un plan social mais galement sur un plan psychologique. Le dcalage crot avec l'ge de l'enfant et les exigences scolaires. S'il n'est pas compris et rduqu, l'enfant risque de dvelopper un dgot pour l'crit et un dsinvestissement progressif des matires demandant un effort en lecture.
b. La dysorthographie
La dysorthographie est un trouble de l'apprentissage de l'orthographe. Ce trouble peut tre isol mais le plus souvent il est associ la dyslexie. Elle vient parfois rvler tardivement une dyslexie nglige.
Les difficults les plus frquemment rencontres :
Les fautes d'orthographe, l'encodage (la mise en crit), les erreurs de copie, les conomies de syllabes, les dcoupages arbitraires (il s'crie/il s cri), les omissions (bb/bb), les mots souds (l'armoire/larmoire, son nud/sone), les fautes de conjugaison, de grammaire.
Selon l'intensit du trouble, diffrentes prise en charge rducatives (mthode de Mme Borel-Maisonny, de Chassagny) devront tre entreprises, une adaptation pdagogique devra tre amnage en classe. Plus le dpistage sera prcoce plus la prise en charge a des chances d'aboutir.
c. La dyscalculie
Elle se traduit par un chec dans l'apprentissage des premiers lments de calcul, et un chec dans la capacit manier un petit nombre de faon adquate. Les difficults se manifestent dans tous les aspects du calcul : ordination, cardination, oprativit mathmatique
Elle est associe des difficults d'organisation spatiale, dans l'addition par l'exemple, l'enfant ne sait pas par o commencer.
La dyscalculie s'accompagne en gnral d'une dygnosie digitale (difficult motrice et de reconnaissance des doigts rendant le comptage difficile, voire impossible) et d'une apraxie constructive ( trouble de l'excution de dessins et de tches constructives tels que les puzzles, cubes).
Une rducation psychomotrice centre sur l'organisation du schma corporel et sur la diffrenciation des gnosies digitales semble la plus approprie. Ensuite, le travail sur les mouvements de comptage, les manipulations de sriation, de groupement, de correspondance terme terme partir d'un matriel concret (jetons, tiges, rgles) est ncessaire. Ce travail va permettre d'accder progressivement aux oprations abstraites.
d) La dysgraphie
C'est un trouble de l'criture, indpendant de tout dficit neurologique ou intellectuel. Les difficults graphiques qui apparaissent sont souvent dues une contraction musculaire exagre ("la crampe infantile"), lie des perturbations d'origine motionnelle. L'criture est penche, ne respecte pas les lignes et devient illisible.
La dysgraphie s'associe souvent d'autres difficults :
- Dsordre de l'organisation motrice (dyspraxie mineure), dbilit motrice : les gestes sont patauds, imprcis.
- Dsordre spatio-temporel : difficults dans l'organisation squentielle du geste et de l'espace, troubles de la connaissance, de la reprsentation et de l'utilisation du corps surtout dans son orientation spatiale.
- Perturbation du langage et de la lecture (dyslexie-dysorthographie)
- Troubles affectifs : anxit, inhibition, apparition de conduite phobique ou obsessionnelle face l'criture.
L'approche thrapeutique s'oprera en fonction du registre des difficults associes la dysgraphie et de la signification de celle-ci dans l'organisation psychique de l'enfant :
- Rducation graphomotrice et psychomotrice quand dominent les perturbations spatio-temporelles et les troubles moteurs.
- Relaxation quand la dystonie semble prvalente et que s'organise une "crampe de l'criture".
- Psychothrapie lorsque les conditions affectives sont au premier plan et que le symptme semble s'intgrer dans une structure nvrotique.
e) La dyspraxie
Elle ralise une perturbation majeure du schma corporel et de la reprsentation spatiale, sans atteinte neurologique objective. Elle se traduit par une maladresse gestuelle (difficult s'habiller, lacer ses chaussures, faire du vlo), par un chec d'apprentissage de la lecture et du calcul, et des troubles affectifs dont la gravit est variable (ractions anxieuses, instabilit, intolrance aux frustrations, tendances rgressives). Elle est souvent difficile dissocier de la dbilit motrice grave.
Elle relve d'une rducation psychomotrice prolonge, d'une aide pdagogique et d'un abord psychothrapeutique.
f) La dysphasie
La dysphasie "est un dficit spcifique du langage, caractris par des problmes graves de la comprhension et/ou de l'expression du langage parl, en l'absence de perte auditive, de dficience mentale ou d'un trouble motionnel" (Benton, 1964).
On peut rencontrer diffrents types de dysphasie en fonction de la gravit du trouble :
La dysphasie lgre transitoire : l'enfant parle tard, son langage reste souvent maladroit et les difficults apparaissent lors du passage l'crit. Dpister ce retard et le rduquer en maternelle est indispensable pour minimiser les troubles ultrieurs d'apprentissage.
La dysphasie de dveloppement : le langage apparat trs tardivement et reste encore incertain mme vers 6 ans. Ces enfants ont normment de difficults s'exprimer aussi bien par oral que par crit, leur vocabulaire est assez pauvre et ils sont souvent confronts des confusions auditivo-verbales. La dyslexie et la dysorthographie font partie intgrante de leurs difficults d'apprentissage, de mme que les problmes de comprhension qui les handicapent dans bien des domaines. Il est indispensable de leur apporter un enseignement spcialis sinon l'chec scolaire devient inluctable.
La dysphasie svre persistante (ou aphasie de dveloppement) : l'enfant ne parle toujours pas vers 4 ou 5 ans. Il est souvent maladroit, prsente des troubles moteurs telle que l'apraxie. Ses progrs sont trs lents, une pdagogie spcialise lui est indispensable ds le plus jeune ge (en autre une radaptation fonctionnelle logopdique).
2) La dficience intellectuelle
Au dbut du sicle, certains psychologues, la demande de l'Education Nationale, se sont intresss la mesure de l'intelligence (Binet et Simon). Il s'agissait alors de reprer scientifiquement les enfants paraissant inaptes l'enseignement primaire normal, grce une chelle mtrique de l'intelligence et des tests.
Depuis lors, les recherches sur ce thme ont considrablement volu. On distingue actuellement deux grandes catgories de tests psychomtriques :
- Les tests pr-verbaux de dveloppement psychomoteur :
- Le test de Brunet-Lzine pour les nourrissons et les enfants de 2 6 ans, le test de Terman-Mrill (de 2 ans l'ge adulte).
- Les tests verbaux et performances :
La WPPSI-R pour les enfants de 3 6 ans 1/2
Le WISC 3 pour les enfants de 5 16 ans
La WAIS partir de 16 ans
Ceci n'est qu'une liste exhaustive, il existe de nombreux tests dans ce domaine (K.ABC, UDN 80, EPL, EDEI-R, MSCA, NEMI).
Le quotient intellectuel est le rapport entre l'ge mental et l'ge rel.
Selon la classification de l'organisation mondiale de la sant, le quotient intellectuel normal se situant entre 90 et 110, on considre que :
Les personnes obtenant un Q.I infrieur ou gal 25 ont un retard mental profond ;
Les personnes obtenant un Q.I infrieur ou gal 40 ont un retard mental svre ;
Les personnes obtenant un Q.I infrieur ou gal 55 ont un retard mental modr ;
Les personnes obtenant un Q.I infrieur ou gal 70 ont un retard mental lger ;
Les personnes obtenant un Q.I infrieur ou gal 85 sont dits des sujets limites.

Une dficience mentale moyenne entrave obligatoirement la progression scolaire, en revanche la dbilit lgre ou limite n'apparat pas comme la cause principale de l'chec scolaire, le niveau intellectuel des enfants en situation d'chec tant trs variable.
3) Le refus scolaire
L'enfant s'oppose toutes acquisitions scolaires. Il apparat parfois comme le tmoin de l'hostilit plus ou moins manifeste des parents l'gard de l'cole (projection massive de leur propre vcu scolaire sur celui de leur enfant).
Ce refus est de nature diffrente selon l'ge :
- Chez le jeune enfant, l'opposition est active, bruyante avec des attitudes de bouderie ou des troubles du comportement (colre, instabilit). Elle peut tre plus passive, il apparat alors comme effac, rveur, "dans la lune".
- Chez le pradolescent ou l'adolescent, l'opposition peut se marquer par l'cole buissonnire.
Selon J. De Ajuriaguerra, le refus scolaire s'observe parfois comme une composante d'une organisation caractrielle ou psychopathique (dviation caractrielle entranant des conduites antisociales). Il peut galement rsulter d'une inhibition face la problmatique dipienne, en particulier dans la rivalit avec le pre. Enfin, il peut tre la consquence d'exigences parentales excessives que l'enfant ne peut assumer.
4) L'inhibition scolaire
C'est un des motifs de consultation les plus frquents entre 8 et 12 ans. Elle exprime une absence du dsir d'apprendre. Le manque de curiosit intellectuelle est entretenu par un mcanisme de dfense destin maintenir un accs la pulsion de savoir.
Elle entrane une souffrance chez l'enfant incapable de travailler ou de se concentrer sur sa tche malgr son dsir. Elle traduit gnralement une organisation nvrotique conflictuelle.
Ces enfants paraissent entravs dans leur capacit de penser, toujours en retrait, ils interviennent peu dans les activits scolaires et craignent d'tre interrogs. L'inhibition intellectuelle, arrive en secondaire, pose de rels problmes l'enfant, qui il est demand une participation plus active et plus personnelle et peut donc aboutir un chec scolaire.
5) Le dsintrt scolaire
On ne peut rellement parler de dsintrt ou de dsinvestissement scolaire que vers la pradolescence ou l'adolescence. A cet ge, les apprentissages scolaires commencent tre intgrs dans une motivation interne, ce n'est plus du seul fait de plaire aux parents. Ce dsintrt est caractris par un flchissement du rendement scolaire, par le dgot de tout ce qui a trait l'cole, son inutilit, l'ennui qui en rsulte. Il peut s'accompagner d'un absentisme scolaire important et peut dans certains cas conduire l'arrt de la scolarit. Il peut tmoigner d'une problmatique plus profonde telle qu'un syndrome dpressif ou d'une perturbation de l'environnement familial (msentente conjugale, deuil, chmage) ou d'une entre dans la psychose notamment lorsque le dsintrt est gnral, que l'on constate un repli sur soi et de l'apragmatisme (activit globale diminue).
6) Le handicap socioculturel
D'aprs des tudes statistiques, l'chec scolaire toucherait plus nettement les catgories socialement dfavorises. Mme si l'cole a pour mission de donner les mmes chances tous et d'apporter les bases culturelles et linguistiques ncessaires la russite scolaire, cet objectif reste difficile mettre en uvre. Il existe un ensemble de projets pdagogiques, de compensation, de remdiation visant palier les dficits culturels de l'enfant (soutien scolaire, classe de devoirs, centres de documentation scolaire).
En effet, un enfant issu d'un milieu dfavoris n'a pas les mmes acquisitions sur le plan cognitif et verbal. L'adaptation l'cole maternelle est en grande partie lie au degr de matrise du langage lequel dpend pour une part importante de la qualit et de la quantit des changes verbaux au sein de la famille. Les enfants issus de milieux proches de ceux des enseignants, et proches des valeurs et systmes de communication proposs par l'cole auront plus de facilits. Selon Labov, le langage des enfants noirs des ghettos amricains est aussi riche et labor que celui des enfants de classe moyenne, mais il n'a pas sa place l'cole et n'est pas reconnu.
Il existe donc une liaison troite entre les pratiques culturelles familiales et la scolarit des enfants qui en sont issus. Ainsi la prsence de livres la maison, la lecture de journaux, la frquentation d'espaces culturels (muses, thtres, cinma) sont des lments qui influent directement sur la russite scolaire.
L'chec ou la russite scolaire sont galement lis aux conditions conomiques. En effet, les tudes ont un cot, il faut disposer de temps. Les tudiants de milieux sociaux pauvres rencontrent donc des difficults lorsqu'ils dsirent poursuivrent des tudes suprieures, ils sont souvent contraints de travailler ct s'ils veulent pouvoir les payer, ce qui leur laisse moins de temps pour tudier.
7) Les situations psychoaffectives particulires
Certains chercheurs ont tabli des corrlations troites entre l'chec scolaire et les situations psychoaffectives particulires.
En premier lieu, la scolarisation est constitue d'tapes de rupture : la premire survenant l'entre en maternelle, puis l'entre en primaire o le statut d'colier prend toute sa valeur, vient ensuite l'entre au collge qui concide avec l'adolescence et enfin, l'enseignement suprieur qui marque l'accs une certaine autonomie la fois intellectuelle mais aussi affective.
Chaque moment de rupture exige une adaptation nouvelle. Chacun ragit de faon diffrente la sparation, tout dpend des mcanismes de dfense tablis lors des premires sparations maternelles et s'il a t victime de carences affectives. Chaque rupture ranime les conflits lis la sparation, elle ravive les angoisses prcoces. Les enfants n'ont pas tous les mmes dispositions face ces exigences. Certains prouvent des troubles qui affectent leur comportement. Cela peut se caractriser par un refus net de l'cole, de l'inhibition intellectuelle ou des troubles nvrotiques plus importants.
D'autre part, l'quilibre psychoaffectif familial est indispensable une bonne scolarit. Si le climat est tendu (divorce, deuil, chmage, mauvais traitements), les ractions de l'enfant face ces distorsions risquent d'affecter ces performances scolaires. Dans ces diffrents cas, tout dpendra une fois de plus de la construction de la personnalit de l'enfant, et des mcanismes dont il dispose pour faire face ces situations.
La rivalit fraternelle peut galement tre une source d'chec scolaire. L'enfant qui ne veut pas entrer en comptition et qui est le plus fragile affectivement, est capable de dvelopper un complexe d'infriorit, des sentiments de dvalorisation, et une attitude d'impuissance devant les difficults.
Enfin, je souhaiterais aborder le problme de l'attitude de certains parents face l'cole. Le degr de motivation par rapport au but de l'cole est primordial. Selon un certain nombre d'auteurs, un bon climat ducatif familial joue en faveur d'un meilleur quilibre de la personnalit de l'enfant ce qui assure une meilleure disponibilit des processus mentaux. Dans le cas contraire, il serait un facteur de mauvaise adaptation scolaire.
L'cole peut parfois, tre totalement dvalorise, dnigre par l'ensemble de la famille, l'enfant reproduira alors un schma familial en chouant et en marquant des comportements d'opposition.
Mais le plus souvent, on rencontre l'attitude oppose, son image est surinvestie notamment en relation avec l'angoisse vhicule par le chmage. Dans ce cas, certains enfants vont se soumettre aux exigences des parents et annihiler ainsi une partie de leur personnalit, mais ils ne seront en aucun cas l'abris d'une raction plus tardive, l'adolescence par exemple, o les ractions d'opposition sont exacerbes. D'autres refusent, cette autorit oppressante, et transfrent souvent leur agressivit sur leur professeur. L'cole tant alors perue comme une institution coercitive (il s'agit d'un transfert de l'agressivit d'un objet vers un autre objet, ce phnomne est le plus souvent inconscient).
Ou bien encore, l'hyperinvestissement par les parents des rsultats scolaires, leurs contrles et leur vigilance plus ou moins obsessionnelle, perfectionniste et incessante du travail de l'enfant peuvent entraner un renoncement, voir un refus scolaire total.
8) Les variables lies l'institution scolaire
Le fonctionnement du systme ducatif est un sujet qui a toujours fait l'objet de controverses, et de critiques multiples.
En effet, le systme scolaire franais joue un rle dans la constitution de l'chec, ceci est inluctable. On propose une pdagogie identique, un enseignement plutt normatif (programme, valuation, examen) des enfants qui sont tous diffrents et qui n'ont pas le mme niveau de maturation physique, intellectuelle, psychologique, et affectif.
Chaque enfant a ses propres rythmes, et ils ne sont pas souvent respects. L'ducation nationale ne semble pas encore prte travailler sur ce point, la plupart des projets sur les rythmes scolaires tant en voie d'abandon.
La taille des classes reste un problme majeur dans l'enseignement public. Il parat assez difficile d'apporter une aide individualise aux lves en difficult lorsqu'une classe compte 30 40 lves.
Avec un nombre si important d'enfants, l'enseignant est galement confront l'htrognit des lves, il faut donc qu'il soit en mesure d'adapter son enseignement aux diffrents niveaux reprsents dans sa classe.
A l'heure actuelle, la pdagogie diffrencie semble tre une des solutions proposes face ce problme. Selon l'inspection gnrale de l'ducation nationale, c'est " la dmarche qui cherche mettre en uvre un ensemble diversifi de moyens et de procdures d'enseignements et d'apprentissages, afin de permettre des lves d'ge, d'aptitudes, de comportements, de savoir-faire htrognes, mais regroups dans une mme division, d'atteindre par des voies diffrentes des objectifs communs".
Mais les enseignants en ont-ils les moyens ?
Pour pouvoir faire face ses difficults, il leur faudrait des formations adaptes et plus compltes (sur les rythmes scolaires, le dveloppement de l'enfant, la psychologie, les diffrentes pratiques pdagogiques, et des stages auprs d'enfants en grande difficult). Il me parat difficile d'appliquer une pdagogie diffrencie lorsque l'on a eu qu'une formation de 3 jours !
Malheureusement, les enseignants sont souvent confronts d'autres impratifs fixs par l'ducation nationale :
Les programmes scolaires sont souvent trop denses. Les valuations obligatoires et rptitives qui ne font qu'accentuer les diffrences entre bons et mauvais lves. Elles ont une incidence directe sur le processus de revalorisation de l'enfant.
9) Le redoublement
Le redoublement a pour but de favoriser l'apprentissage des notions non acquises et de permettre de vivre des russites en respectant les rythmes propres l'enfant.
Il semblerait, selon certaines recherches, que les effets escompts ne soient pas raliss dans la majorit des cas.
Elles mettent en avant l'incidence ngative du redoublement sur les plans scolaires, personnel et social. On observe peu d'amlioration du rendement scolaire (rsultat dans la moyenne), des difficults d'adaptation sociale et peu d'effet sur la maturation personnelle.
La reprise d'une anne scolaire a souvent des effets sur l'quilibre psychologique de l'enfant.
C'est un vnement gnrateur de stress pour l'enfant et sa famille. Il peut galement entraner une baisse de l'estime de soi, l'enfant doute de lui-mme, de ses capacits. La motivation pour le travail est difficile, souvent les lves peroivent ngativement le redoublement et n'en voient pas les avantages, il est alors considr comme un chec personnel et non comme une voie de russite. Nanmoins, ce dclin du concept de soi ne se rencontre pas dans tous les cas. Il fluctue au cours de l'anne en fonction des rsultats obtenus.
Les checs multiples contribuent une baisse de la motivation et de la persvrance scolaire, dans ce cas le risque d'abandon scolaire est plus accru.
Ce constat semble alarmant, nanmoins, un redoublement peut tre ncessaire lorsque aucune des acquisitions indispensables au passage en classe suprieure n'a t faite. En effet, si l'lve passe sans les bases ncessaires, il se sentira vite dpass en classe. Il risque de se retrouver souvent en situation d'chec par rapport aux autres lves.
10) La phobie scolaire
La phobie scolaire s'observe chez "des enfants qui, pour des raisons irrationnelles, refusent d'aller l'cole et rsistent avec des ractions trs vives ou de panique quand on essaie de les y forcer"( A. Johnson).
Elle semble plus frquente chez les garons. Elle apparat entre 5 et 13 ans, surtout l'entre l'cole lmentaire et au moment de l'entre au collge.
Lors du dpart l'cole, l'enfant s'agite, manifeste une grande panique. Il pleure, supplie ses parents. Si on le force, la crise prend une allure dramatique, l'enfant est alors inaccessible tout raisonnement. L'enfant peut prsenter des plaintes somatiques (maux de ventre, cphales) mme des vomissements surtout vers 5-7 ans. Ds que l'enfant Ds que l'enfant n'est plus confront au dpart l'cole, il devient plus conciliant, il avance des rationalisations conscientes quant son comportement (l'enseignant est svre, les autres lves sont mchants).
La phobie scolaire est diffrencier de l'angoisse de sparation du petit enfant mis l'cole maternelle, de l'absentisme que l'on rencontre chez l'adolescent et du refus scolaire o la raction d'angoisse n'est pas prsente.
Dans la plupart des cas, l'volution est favorable et n'entrave pas trop le travail scolaire, car les enfants sont capables de travailler domicile et de rattraper leur retard. Nanmoins, 20 30% ont une volution dfavorable notamment lorsque la phobie est persistante et associe d'autres symptmes, l'investissement scolaire et l'adaptation sociale sont alors trs difficiles.
11) Un cas particulier : les enfants prcoces
Un enfant est dit prcoce (ou surdou) lorsqu'il a une intelligence suprieure (Q.I : sup 130). Ce sont des enfants qui ont un vocabulaire trs riche, ds leur plus jeune ge. Ils apprennent lire trs tt, souvent seuls et s'intressent des sujets qui surprennent au regard de leur ge.
Les enfants prcoces peuvent tre confronts au problme de l'chec scolaire.
Ils aiment apprendre, dcouvrir, crer
L'htrognit des classes engendre souvent une pdagogie trop rptitive. L'enseignant n'a pas assez de temps leur consacrer par rapport leur apptence. Ils finissent par s'ennuyer, perdent leur curiosit et le dsir d'apprendre.
Les enseignants sont rarement prpars rencontrer des enfants prcoces et ne savent pas comment procder avec eux (quelle mthode pdagogique, quelle dmarche utiliser ?).
Ils ont souvent besoin d'apprendre la rigueur dans le travail, les devoirs sont faits rapidement et sont parfois peu soigns. Il faut donc, les astreindre faire plus en quantit et qualit. Ils ont besoin de temps personnel pour laisser libre court leur crativit. Il est donc difficile pour un enseignant de trouver le juste milieu entre la rigueur et le temps libre pour le cheminement personnel.
L'panouissement de l'enfant, comme pour tous, est le but principal raliser. Ils ont besoin de rythme d'apprentissage adquat et de satisfaire leur dsir de connaissance.
Les enfants prcoces ayant perdu le got d'apprendre, subissent un chec qu'ils ont du mal comprendre, et dveloppent une image trs ngative d'eux-mmes. Ce problme est prendre en considration, ce sont des enfants plus propices aux dpressions et certains chercheurs ont not des pourcentages de suicides d'adolescents prcoces plus levs que pour les autres catgories.




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