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Hooliganisme. Gnration casseurs





Hooliganisme. Gnration casseurs

  • 14 Mai 2012
  • Par : Wadie El Mouden & Hicham Oulmouddane
  • telquel

Un phnomne qui tmoigne d'une jeunesse sans repres et sans espoirs (TNIOUNI)
Depuis quelques annes, les violences dans les stades stendent au cur de nos villes, semant terreur et dsolation. Autopsie dun phnomne qui cache un profond malaise social.
Dimanche 6 mai. A la veille du 112me derby qui oppose le WAC au Raja, latmosphre est tendue Casablanca. Les autorits de la ville sont sur le qui-vive, suite aux affrontements violents survenus lors de la rencontre WAC-FAR quelques semaines auparavant, qui ont abouti au dcs du jeune Hamza Bakkali. Afin dviter de nouvelles violences, un dispositif de scurit sans prcdent a t dploy lintrieur et autour du complexe Mohammed V, mobilisant plus de 4000 agents des forces de lordre et des vhicules de police munis de camras pour identifier les fauteurs de troubles. Des checkpoints ont galement t mis en place : contrle strict des spectateurs lentre du complexe Mohammed V, interdiction daccs aux mineurs non accompagns Et le ministre de la Justice, Mustafa Ramid, ainsi que celui de la Jeunesse et des Sports, Mohamed Ouzzine, ont mme tenu assister au match, surveillant de prs le bon droulement de la rencontre.
Ce jour-l, tout sest bien pass, mais sans doute est-ce aussi parce que le stade tait vide : malgr les 42 000 tickets mis en vente par lquipe du Raja, le nombre de spectateurs prsents na pas dpass les 15 000, les supporters wydadis ayant dcid de boycotter le match. Mais ce derby calme ne doit pas faire oublier la monte en puissance de la violence qui accompagne les matchs ces derniers temps.
Gazon maudit
Depuis quelques annes, les stades sont devenus de vritables zones de non-droit et les exemples se multiplient. Samedi 4 octobre 2008, loccasion du match KACM-WAC, le stade El Harti Marrakech a t le thtre de heurts violents entre les supporters des deux quipes, faisant une quarantaine de blesss. Le 2 avril 2011, lors du match qui a oppos le Kawkab l'Olympique de Safi (OCS) au stade flambant neuf de la ville ocre, le public a saccag une partie des installations. Rsultat, 22 supporters hospitaliss et des centaines de siges saccags. Ces incidents ont prouv que ce ne sont pas les stades dsuets qui sont en cause. Les raisons des violences se trouvent ailleurs, analyse Moncef Elyazghi, chercheur en politique sportive.
Les problmes ne cessent de saccrotre, se dplaant mme lextrieur des stades, comme lors de la rencontre entre le Wydad et le KAC de Knitra, le 30 mars dernier. Ce jour-l, plusieurs voitures ont t caillasses par des fauteurs de troubles en embuscade sur les ponts qui surplombent lautouroute reliant Casablanca Rabat. Et rien ne semble pouvoir arrter ces hooligans dun genre nouveau, qui ne craignent mme plus la police. Ce tournant sest confirm le 14 avril, lors du match entre le Wydad casablancais et les FAR de Rabat, qui a occasionn 80 blesss parmi les forces de lordre. Aprs le Printemps arabe, lEtat a perdu de sa hiba (autorit, ndlr), affirme Moncef Elyazghi. Qui sont donc ces fauteurs de trouble qui font rgner la terreur dans les stades ? Selon les officiels, les auteurs des violences sont soit des mineurs, soit des criminels cachs au milieu des foules.
Dans limaginaire collectif, le hooligan marocain est un jeune issu des quartiers pauvres, peu instruit, mal insr socialement voire petit dlinquant, qui voit dans les matchs de football loccasion rve de commettre ses mfaits. En ralit, le phnomne est beaucoup plus complexe que ne le laisse croire cette premire lecture. Et il a fait lobjet de peu de recherches. Nous avons nglig la sociologie et nous le payons maintenant avec notre incapacit grer ces tendances socioculturelles quon na pas vu venir, souligne un spcialiste.
La fureur de vivre
Abderrahim Rharib est lun des rares chercheurs marocains stre penchs sur la question. Les rsultats de lenqute quil a mene auprs dun chantillon de 600 jeunes Casablanca rvlent que les fous furieux du stade ne sont pas forcment mineurs, illettrs ou pauvres. Plus de 60 % des interrogs sont issus de la classe moyenne. Parmi eux, on trouve mme des tudiants des classes prparatoires et des fils de notables, note-t-il. Abderrahim Bourkia un chercheur doctorant qui prpare une thse sur la violence autour du football abonde dans le mme sens. Selon lui, les auteurs de ces actes sont des jeunes gs de 13 24 ans, qui vacuent leurs motions par tous les moyens. Ils veulent sentir quils existent en se faisant remarquer. Ils cherchent tre vus, reconnus et identifis. Ils ne viennent plus aux matchs pour apprcier la performance des joueurs, mais pour faire le spectacle. On les voit dailleurs souvent tourner le dos la pelouse en pleine rencontre car le jeu, la tactique ou le rsultat ne les intressent gure.
Nous ne pouvons pas parler de hooligan marocain car cela renvoie limage dun supporter europen anglais, italien ou franais qui cherche assouvir sa soif de violence gratuite. Or, au Maroc, les actes de violence entre supporters rpondent une logique identitaire, mle une dynamique de rglements de comptes ou de vendetta, observe Abderrahim Bourkia. Les scnes dhorreur qui terrorisent la vie urbaine tous les dimanches nous rappellent le syndrome de la 3assabia dIbn Khaldoun, pour qui une foule solidaire reposant sur le schma de moi, mon frre et mon cousin contre lennemi peut tout moment devenir incontrlable.
Panique sur la ville
Et ce phnomne va jusqu rythmer la vie des habitants dans une mtropole comme Casablanca. Les alentours du complexe Mohammed V se transforment loccasion de chaque rencontre. Les gens ont pris lhabitude de rentrer leurs voitures au garage ou de garer les autres vhicules trs loin du quartier pour viter la casse, explique ce concierge dune rsidence situe dans une rue attenante au stade. Beaucoup de commerces avoisinants font le choix de fermer les jours de match, sauf quand ils ont les moyens de recruter des agents de scurit pour les protger. Avec une bande de copains qui font le mme mtier, on travaille pour ces magasins le jour des matchs haut risque pour 600 DH chacun, raconte Tawfik, agent de scurit, qui ne cache pas son inquitude, malgr un physique qui en dissuaderait plus dun. Mme si on arrive faire un cordon de scurit autour dun commerce ou dun caf, on nest pas labri dun projectile. Dans ce cas il faut surtout garder son calme. Autrement, on est la merci des hordes de gamins en dlire, nous confie-t-il. Certaines personnes demeurant prs du complexe Mohammed V mettent mme le souhait de le voir raser au plus vite. Un dsir qui ne fait pourtant pas lunanimit, surtout aux yeux des sociologues. Construire un stade en dehors de la ville ne fera que dplacer les problmes dans les quartiers priphriques qui sont dj au bord de lexplosion, dclare Abderrahim Rharib.
Dans la tte dun casseur
Avant de se transformer en casseur du dimanche, le parfait hooligan se prpare mentalement pendant toute la semaine, notamment travers les rseaux sociaux qui tendent galvaniser les troupes. Par exemple, durant les jours qui ont prcd le match WAC-FAR, les supporters des deux quipes nont cess de se chauffer, et les ultras de lquipe militaire Ultra ASkary et Black Army taient alls jusqu annoncer sur le Net leur intention de marcher sur Casablanca. Mais les autorits ont nglig ce nouveau mode de communication, qui les a prises au dpourvu. Sans compter que lusage des psychotropes, qui sest dmocratis via la dferlante qarqoubi (certaines pilules ne cotent dsormais pas plus de 3,5 dirhams), accentue les violences et engendre de nouvelles formes de criminalit. Les rsultats de ltude mene par Abderrahim Rharib montrent dailleurs que 25% des supporters boivent de lalcool, 23% fument du haschich et 9% prennent des drogues dures. De plus, ces hooligans dun nouveau genre rivalisent dingniosit pour introduire des armes blanches pendant les matchs, quitte sinfiltrer discrtement dans les stades la veille de la rencontre pour y cacher des fumignes et autres objets illicites. Facebook, qarqoubi et armes blanches sont ainsi devenus le cocktail explosif qui accompagne les jours de football.
Sauver les jeunes
Face cela, lEtat ne peut plus rester les bras croiss. Pour endiguer ce flau, la bataille est lance sur tous les fronts. Interpell par quatre groupes parlementaires sur ce phnomne, le ministre des Sports a ainsi annonc la cration dune Commission nationale de prvention et de lutte contre la violence dans les stades. Outre les autorits concernes, on y trouve des sociologues, des psychologues et des reprsentants dassociations de supporters. Ds la saison prochaine, les stades seront truffs de camras pour surveiller de prs les individus potentiellement dangereux. En parallle, la machine judicaire sest active pour prononcer les premires sanctions contre les fauteurs de troubles. Le Tribunal de premire instance de An Seba a condamn, le 24 avril dernier, un groupe de jeunes impliqus dans les vnements de la rencontre meurtrire WACFAR du 14 avril, des peines allant jusqu quatre mois de prison ferme. Plusieurs personnes sont recherches par les services de police. Au fil des interrogatoires, la liste sallonge de plus en plus, souligne un membre des Winners, la section ultra des supporters wydadis.
Mais plusieurs observateurs saccordent dire que ces mesures coercitives anti-hooliganisme namlioreront probablement pas la situation, car elles se focalisent sur le volet scuritaire et font limpasse sur les racines du malaise. Nous avons affaire une jeunesse en manque de repres qui sidentifie des groupes trs solidaires, allant de lextrmisme religieux au soutien outrance de leurs quipes. Mal encadrs, le risque de les voir rcuprs par des gangs nest pas exclu, avertit la sociologue Soumia Noumane Guessous.

Zoom. Mecs plus ultras
Depuis 2005, les groupes de supporters poussent comme des champignons aux 4 coins du royaume, linstar des Helala Boys de Knitra, des Matadors de Ttouan ou des Ultra Ragazzi qui soutiennet lquipe du Fqih Bensaleh. Si traditionnellement ces supporters vont au stade pour consommer du spectacle, aujourdhui ce sont eux qui le produisent. Souvent, les quipes disposent mme de deux groupes dultras, cause des rivalits entre leaders, linstar des FAR et du Raja. Avec la monte des violences, ces groupes sont points du doigt. Mme si ces affrontements ont t imputs des bandes indpendantes des ultras, il nen demeure pas moins que ces lments y contribuent. Pour les cas des Helala Boys et des Ultra Askary, il sagissait dun rglement de compte parce quils nous ont manqu de respect quand on sest dplacs chez eux, nous confie un membre des Winners, les ultras du Wydad, qui a prfr garder lanonymat. Il ajoute : Les ultras ont une culture trs codifie, o un groupe peut dcrter la mort subite dun autre groupe et le forcer changer de nom sil russit, par exemple, voler la banderole qui symbolise son groupe et lexposer lenvers lors dun match. La paix ne tient donc qu un bout de tissu







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