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2012-01-04, 23:02
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Reportage. Voyage chez les rvolts dImiter







Par Omar Radi
Envoy spcial Imiter
Reportage. Voyage chez les rvolts dImiter






Les habitants de la rgion luttent pour lamlioration de leurs conditions de vie. (DR)

Sous les terres de la rgion se trouve lun des plus gros gisements dargent en Afrique. Mais en surface, cest la misre dans toute sa splendeur. Zoom sur un village qui dit non.


A 200 km au nord-est de Ouarzazate, en sapprochant de Tinghir, la route et le dcor prennent un coup de gris, les reliefs noircissent au fur et mesure quon sapproche du village dImiter. Les montagnes noires indiquent quun gisement dargent nest pas loin. Dans le principal village de la commune rurale dImiter, on dirait que le temps sest
arrt : pas de kiosques journaux, pas daccs Internet, pas de lyce... Mme la campagne lectorale qui bat son plein dans tout le pays ne semble pas avoir trouv son chemin jusquici. Aucune affiche nest colle sur les murs et pas un seul candidat nose faire du porte--porte pour sduire ses lecteurs. Les lections, on sen fout. Ce nest pas cela qui va changer notre quotidien, explique Brahim, un chmeur du bourg. Cest que les habitants dImiter sont en colre. Les 8000 damns de la rgion sont en soulvement depuis cinq mois. Ils dnoncent la pauvret et lindigence dans lesquelles ils vivent, mais aussi la surexploitation de leurs richesses naturelles. Leurs maux, ils les rsument en un seul mot : lONA, le holding royal (devenue SNI) qui dtient une mine dargent, lune des plus importantes dAfrique, travers sa filiale la Socit minire dImiter (SMI).

La marche de la soif
Tout a commenc au dbut des vacances dt. Les tudiants du village, de retour de leurs universits dErrachidia ou de Marrakech, demandent, comme chaque t, un travail saisonnier dans la mine. Et comme chaque anne, la SMI en embauche une quinzaine. Les recals ne sont alors pas contents : Comment une socit qui brasse des centaines de millions de dirhams en extrayant du minerai de nos terres prtend ne pas avoir les moyens de nous assurer un emploi, ne serait-ce que saisonnier ?, sinterroge notre chmeur. Mais la goutte qui va faire dborder le vase viendra plus tard, quand les villageois verront le dbit deau de leurs robinets faiblir, jusqu linterruption. A quelques semaines du ramadan, leau ne coulait du robinet que 30 minutes par jour, raconte Brahim.
Senclenche alors un large mouvement de protestation sociale et de dsobissance civile. Au dbut, ce sont les tudiants et les chmeurs de la ville qui mnent le mouvement. Ils sont vite rejoints par les autres habitants et dcident de mener quotidiennement une marche de la soif du centre du village jusqu lentre de la mine. Pourtant, aucun interlocuteur ne daigne se prsenter eux. Ils dcident alors de radicaliser leur mode daction en coupant lalimentation de la mine en eau. Ils nous prennent toute leau et personne ne nous rend justice, nous avons dcid de faire de mme, explique ltudiant Omar Moujani. En plein ramadan, au mois daot, plus de 1000 personnes sinstallent alors ct du plus important chteau deau fournissant la mine, au sommet du mont Alebban, 1 400m daltitude. Quatre mois se sont couls depuis et le sit-in se poursuit. Les gardes du chteau ne sont pas encore descendus du sommet de la montagne.

Le forage de la colre
Daprs les habitants de la rgion, les ressources en eau ont commenc se rarfier depuis la dernire dcennie, quand la SMI a for, en 2004, un nouveau puits dune profondeur de 40 mtres, devenu la principale ressource hydraulique pour la mine dargent. Plusieurs petits agriculteurs ont vu leurs puits se tarir et leurs plantations mourir. Ds que nous leur avons coup leau, le village a t normalement fourni et sans interruption, explique Omar Moujani. De son ct, la SMI nie tout lien entre le nouveau forage et la rarfaction de leau. Il y a 3 khettarat (systme dirrigation souterrain) dans la rgion et nos tudes confirment quelles sont indpendantes de notre forage, prcise Youssef El Hajjam, directeur gnral de la socit. Et dajouter : Nous avons toutes les autorisations depuis 2004 et, dailleurs, elles ont t renouveles en 2009". Pour lui, tout dpend de la pluviomtrie : Il na pas tellement plu sur ce plateau ces dernires annes, cest donc normal que la rgion en souffre.

La lutte continue
Des ngociations ont t menes entre la socit minire et les villageois, mais se sont vite retrouves dans une impasse. La SMI a propos dapporter quelques financements pour rgler certains problmes sociaux mais jamais une solution globale, explique Brahim. Cette socit exploite les richesses qui sont sous nos terres, cest son devoir de participer au dveloppement de la rgion. Cest inadmissible quavec la croissance de son chiffre daffaires, elle continue dignorer nos revendications, pourtant pas si impossibles satisfaire totalement, souligne-t-il.
Car au-del des revendications demploi et daccs leau, les habitants de la rgion rclament plus dinfrastructures de service public. Le lyce le plus proche est 30 km dici, linfirmerie du coin ferme 15h et nest pas ouverte du vendredi au dimanche et ne possde mme pas de paractamol, dnonce Brahim. Aprs avoir bloqu le sige de la commune rurale, qui ne sert rien selon eux, les lves et tudiants de la ville menacent de faire anne blanche. A lunanimit, nous avons dcid quaucun jeune ne se rendra lcole ou luniversit cette anne, explique ltudiant Moujani.
Le ton ne cesse donc de monter. Et les villageois rvolts dImiter sont dtermins poursuivre leur combat jusquau bout. Une dtermination que ne semble branler ni les rudes conditions climatiques de la rgion ni les intimidations des forces de lordre, qui procdent de temps autre des arrestations. Nos revendications restent les mmes et notre lutte restera pacifique, promet Brahim. Jusqu quand ?
Modle. La dmocratie amazighe
Les orphelins de Massinissa, tels que les enfants de la rgion aiment sappeler, conservent un lien trs fort avec leur terre et leurs richesses naturelles. Cet attachement les dote dun esprit combatif et dun souffle que ni la rpression ni le climat ne semblent entamer. Descendants de la tribu des At Atta qui, comme les At Baamrane sur la cte ouest, a t un bastion de rsistance au colonialisme -, les habitants dImiter nont pas de chef de tribu ou des sages comme preneurs de dcisions. Tous y contribuent, petits et grands. Cette forme de dmocratie directe est vieille comme le monde chez les tribus amazighes : elle sappelle Agraw. Dans leurs manifs, Bertolt Brecht, une icne du mouvement dextrme gauche europen, est cit sur les banderoles. Et si peu comprennent la darija, presque tous les jeunes parlent franais

tel quel numro498
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