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2011-12-06, 00:14
 

       
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c3 Le jardin d'enfants,SARTRE






SARTRE
Philosophe et crivain franais (1905 - 1980 Paris)



Jean-Paul Sartre est l'un des auteurs franais les plus fameux du XXme sicle, son uvre est varie et s'tend sur presque tous les genres : le roman (La Nause), le thtre (Huit Clos, Les Mains sales)... L'ensemble de son uvre est influenc par une doctrine philosophique qu'il a labore, l'existentialisme. Dans Les Mots, son autobiographie publie en 1964, il explique le pourquoi et le comment du mtier d'crivain. A la fin de la premire partie ( Lire ), il voque ses moments de solitude lors de ses sorties au parc d'enfants. N'arrivant pas s'intgrer dans le monde rel, il voit en ses livres le refuge idal, et ce, l'encontre des envies de sa mre. Aussi, on peut se demander quel regard Sartre porte sur l'enfant rveur et renferm qu'il tait.


Dans l'extrait que je vous ai choisi,Le petit Sartre est devenu grand et porte dans ce passage de son autobiographie Les Mots un regard ironique sur son enfance, passe l'cart des autres dans un monde de rves et de livres. Ses rflexions sur l'existentialisme sont visibles dans cet extrait, car il expose les difficults de la relation autrui. Le jugement qu'il donne sur lui-mme, si l'on ne conserve que la premire et la dernire phrase de l'extrait, est d'ailleurs explicite : Il y avait une autre vrit () : a ne tournait pas rond .
Le jardin d'enfants

De "Il y avait une autre vrit..." jusqu' "...a ne tournait pas rond."






Il y avait une autre vrit. Sur les terrasses du Luxembourg, des enfants jouaient, je m'approchais d'eux, ils me frlaient sans me voir, je les regardais avec des yeux de pauvre: comme ils taient forts et rapides! comme ils taient beaux! Devant ces hros de chair et d'os, je perdais mon intelligence prodigieuse, mon savoir universel, ma musculature athltique, mon adresse spadassine; je m'accotais un arbre, j'attendais. Sur un mot du chef de la bande, brutalement jet: Avance, Pardaillan, c'est toi qui feras le prisonnier , j'aurais abandonn mes privilges. Mme un rle muet m'et combl; j'aurais accept dans l'enthousiasme de faire un bless sur une civire, un mort. L'occasion ne m'en fut pas donne: j'avais rencontr mes vrais juges, mes contemporains, mes pairs, et leur indiffrence me condamnait. Je n'en revenais pas de me dcouvrir par eux: ni merveille ni mduse, un gringalet qui n'intressait personne. Ma mre cachait mal son indignation: cette grande et belle femme s'arrangeait fort bien de ma courte taille, elle n'y voyait rien que de naturel: les Schweitzer sont grands et les Sartre petits, je tenais de mon pre, voil tout. Elle aimait que je fusse, huit ans, rest portatif et d'un maniement ais: mon format rduit passait ses yeux pour un premier ge prolong. Mais, voyant que nul ne m'invitait jouer, elle poussait l'amour jusqu' deviner que je risquais de me prendre pour un nain ce que je ne suis pas tout fait et d'en souffrir. Pour me sauver du dsespoir elle feignait l'impatience: Qu'est-ce que tu attends, gros bent? Demande-leur s'ils veulent jouer avec toi. Je secouais la tte: j'aurais accept les besognes les plus basses je mettais mon orgueil ne pas les solliciter. Elle dsignait des dames qui tricotaient sur des fauteuils de fer: Veux-tu que je parle leurs mamans? Je la suppliais de n'en rien faire; elle prenait ma main, nous repartions, nous allions d'arbre en arbre et de groupe en groupe, toujours implorants, toujours exclus. Au crpuscule, je retrouvais mon perchoir, les hauts lieux o soufflait l'esprit, mes songes: je me vengeais de mes dconvenues par six mots d'enfant et le massacre de cent retres. N'importe: a ne tournait pas rond.

Extrait de
Les Mots - Jean-Paul Sartre




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: zoukirovic


zoukirovic

: Le jardin d'enfants,SARTRE

merci infiniment pour cet extrait, Sarte tait un crivain hors du commun il va pas exister un auteur de son niveau cet admir par la socit de son poque la preuve est ses funrailles l ou il y avait beaucoup de monde pour lui dire au revoir Sartre !
zoukirovic
 




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